Les arbres tendent leurs bras noircis vers le ciel. La sève monte. Les tilleuls ont été amputés et leurs moignons me font mal.
La sève est là depuis des milliers d’années et attend son heure. Le printemps arrive, cela bouillonne dans les racines, tout explosera et même les amputés verront leurs membres se couvrir de vert.
Dans les champs, les jardins et sur les balcons, on attend le signal.
Les jonquilles font leur malignes comme chaque année et ont déversé leur jaune dans les sous-bois.
Les hellébores vivent leurs derniers jours
Les chatons des arbres se balancent au vent.

J’aime regarder les verts parer les arbres . Au début, il est clair et moussu. Il forcira et c’est un vert franc qui traversera les mois.
Le ballet de Stravinsky est plein de cette force qui cachée dans les profondeurs de la Terre jaillit avec force et beauté.
Cette œuvre créé le 29 mai 1913 a provoqué un scandale au théâtre des Champs-Élysées. Le scandale se joue chaque année pour notre plus grand bonheur
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.
Il n’y a beste ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie ;
Le temps a laissié son manteau.
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d’argent d’orfaverie,
Chascun s’abille de nouveau :
Le temps a laissié son manteau.
Tout comme le printemps si joliment chanté par Charles d’Orléans, j’aime m’habiller de nouvelles parures quand le printemps pointe ses feuilles.














